Beaucoup d’entreprises s’interrogent encore sur la façon d’aborder l’IA. La vraie question n’est plus de savoir si elles doivent y aller, mais d’où elles partent. Contrairement aux idées reçues, l’IA ne fait pas table rase du passé : les organisations qui ont déjà industrialisé la RPA et l’IDP sont bien mieux placées qu’elles ne le croient. L’IA ne vient pas démanteler les automatisations en place, elle vient combler leurs angles morts.

Historiquement, 80 % des parcours documentaires s’automatisaient très bien grâce à des technologies éprouvées (OCR, Machine Learning, RPA). Les 20 % restants résistaient. C’est précisément là que l’IA intervient : pour débloquer ce que l’existant ne pouvait atteindre.

L’IA n’est pas un recommencement, c’est une couche supplémentaire. Les entreprises dotées de socles solides (BPM, workflows robotisés) sont celles qui en tireront de la valeur le plus vite. Elles disposent déjà de processus calibrés pour évaluer objectivement l’apport réel du modèle.

La vraie friction n’est pas technologique, elle est économique et politique. L’intégration de l’IA au quotidien comporte des défis concrets :

  • Une consommation de tokens difficile à anticiper.

  • Des modèles qui changent régulièrement de version.

  • Des résultats parfois instables (hallucinations, variations de réponses pour un même prompt).

Ce n’est pas un argument contre l’IA, mais la preuve qu’il ne faut pas l’utiliser seule, sans garde-fous.

Arondor et Tungsten Automation, notre partenaire éditeur dont la pratique de l’IA remonte à bien avant le battage médiatique actuel, proposent une stratégie pragmatique :

1. Le socle : Les technologies classiques continuent de traiter ce qu’elles maîtrisent.

2. Le levier : L’IA intervient là où elle apporte une réelle valeur ajoutée.

3. Le garde-fou : L’humain reste dans la boucle (human in the loop) pour valider les cas ambigus. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est de l’ingénierie responsable.

Une question majeure subsiste : Faut-il confier ses flux documentaires à des IA soumis au Patriot Act ? Si certains groupes ont déjà tranché, d’autres hésitent. De vraies alternatives existent (modèles ouverts, clouds souverains) et méritent d’être étudiées avant de s’enfermer dans la dépendance à un fournisseur unique.

Notre conseil aux DSI réticents tient en peu de mots : ne partez pas seuls. Non pas que l’IA soit inaccessible, mais les erreurs d’implémentation coûtent cher, et vingt ans d’expertise sur les processus documentaires ne s’improvisent pas.

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