Avant d’entamer un voyage à travers l’égalité entre les femmes et les hommes, qui est l’Objectif de Développement Durable n°5, prenons le temps d’en poser les jalons.

 

Un peu de contexte 

L’égalité entre les femmes et les hommes désigne une situation dans laquelle chacun bénéficie des mêmes droits et des mêmes opportunités. Elle suppose que les comportements, aspirations, ambitions et besoins des femmes comme des hommes soient reconnus, valorisés et soutenus de manière équitable. Elle implique également un accès égal aux ressources, aux responsabilités et aux perspectives de développement.

 

Un symptôme qui nous en dit long  

 

Une fois cela dit, comment cela se traduit concrètement aujourd’hui ? Prenons l’exemple du plus intime : le partage des tâches domestiques. On est encore loin des objectifs idéalisés par le principe d’égalité entre les femmes et les hommes. En France, les femmes en âge d’activité consacrent en moyenne trois heures par jour aux tâches domestiques, contre 1h45 pour les hommes, selon l’Observatoire des inégalités. Cette répartition inégale du temps a des conséquences directes : les femmes disposent de moins d’heures pour exercer une activité rémunérée, se former, s’engager dans la vie politique ou associative, ou encore se consacrer à leurs loisirs. A noter que les jeunes générations sont un peu moins inégalitaires : dans la tranche d’âge de 25-49 ans, les femmes sont 1,6 fois plus nombreuses à déclarer faire le ménage ou la cuisine quotidiennement contre 2,1 fois plus de femmes chez les personnes âgées. C’est bien, on progresse.

Autres chiffres, selon un baromètre d’opinion du ministère des Solidarités (données de 2020-2022), 41% des femmes et 48% des hommes affirment qu’ils partagent le ménage à part égale dans leur couple. Même si des dissensions subsistent sur les chiffres déclarés, les coupes égalitaires existent bel et bien dans notre société actuelle. Toujours selon le ministère des Solidarités, 67 % des femmes et 74 % des hommes en France estiment que les hommes participent davantage qu’auparavant aux tâches ménagères. Ces chiffres sont amenés à évoluer et en principe dans le bon sens mais nous ne les aurons qu’à la fin de la décennie à titre comparatif.

Cet exemple traduit ce qu’est l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous le verrons tout au long de cet article. Entre l’histoire du féminisme en France, les symboles de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la poursuite du chemin vers l’égalité, nous allons tirer des fils nous menant vers les nouveaux défis d’aujourd’hui.  

 

Découvrez notre premier article sur le sujet !

 

De quoi parle-t-on ? Une définition  

En parlant d’égalité entre les femmes et les hommes, nous ne pouvons pas nous passer de parler des droits des femmes et de faire un tour d’horizon sur l’histoire du féminisme, les deux étant intrinsèquement liés, en se concentrant sur l’histoire du féminisme français dans cet article.

Parle-t-on d’un féminisme ou de féminismes ? Il s’agit plutôt d’un ensemble d’idées et de mouvements philosophiques poursuivant un objectif commun : parvenir à l’égalité entre les femmes et les hommes, sur les plans politique, économique, culturel, social et juridique dans un objectif de mieux vivre ensemble. Ces dynamiques sont variées et s’adaptent constamment aux transformations de la société.

Quand on pense féminisme, on pense tout de suite à Olympe de Gouges, Louise Michel, Hubertine Auclert, Simone de Beauvoir ou à Simone Veil. De grandes figures qui ont marqué l’histoire des féministes en France.

 

L’histoire du féminisme en France

Quelle est cette histoire ? On peut se souvenir de la Déclaration des Droits de la femme et de la Citoyenne qu’Olympe de Gouges a adressé à la reine Marie Antoinette en 1791. Le combat avait déjà commencé.

 

Le XIXe siècle et l’émancipation des femmes

Avant 1848 et la proclamation de la Deuxième République, les femmes en France étaient privées de tout droit civique : ni droit de vote, ni participation à l’élaboration des lois, ni autonomie juridique ou financière. Elles ne pouvaient ni signer un contrat, ni disposer librement de leurs biens, ni voyager ou divorcer sans l’autorisation de leur mari. L’année 1848 marque toutefois un tournant symbolique avec la parution du premier numéro de La Voix des Femmes, l’une des grandes revues féministes du XIXe siècle. À cette époque émergent des figures engagées comme Louise Michel, militante de la Commune de Paris et membre de l’Union des Femmes, qui défend un programme résolument féministe. Dans les années suivantes, d’autres pionnières poursuivent le combat. Hubertine Auclert organise en 1885 l’une des premières manifestations féministes françaises. Marguerite Durand fonde La Fronde, premier quotidien entièrement conçu et réalisé par des femmes. Peu à peu, certaines professions jusque-là réservées aux hommes s’ouvrent aux femmes. L’exemple de Madeleine Pelletier, qui parvient à devenir médecin malgré les obstacles, illustre cette lente conquête de nouveaux droits et espaces professionnels.

 

Le XXe siècle, un siècle de combat pour la libération de la femme

La période de la première guerre mondiale marque un coup d’arrêt aux combats féministes, les femmes ayant participé à l’effort de guerre dans les usines. L’entre deux guerres n’a été guère plus facile. Les femmes ont été renvoyées à leur rôle de mère avec une politique nataliste exacerbée par les conséquences de la guerre. Les avortements sont illégaux. D’ailleurs Madeleine Pelletier faisait partie des médecins militants qui pratiquaient les avortement. Elle sera jugée pour cela et finira sa vie dans un hôpital psychiatrique. A noter que sous le régime de Vichy, les “avorteuses” étaient condamnées à mort. Quelques années plus tard sont intervenues les suffragettes qui parviendront à l’obtention du droit de vote des femmes en 1944 après plusieurs refus du Sénat. L’après-guerre est également marqué par une politique nataliste, on parle alors de baby boom. A cette époque parait alors Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir qui a autant fait scandale qu’a eu de succès.

Dans les années 1960, on parle de renversement de l’oppression patriarcale. De nombreuses féministes revendiquent l’égalité de salaire, le droit d’ouvrir un compte bancaire, le droit à l’éducation égale ou encore le droit de disposer de leur corps librement. C’est d’ailleurs le début du combat pour le droit à l’avortement consacré par la loi Veil du 17 janvier 1975. En 1967, la contraception avait déjà été légalisée et en 1971 le fameux “Manifeste des 343” paru dans le Nouvel Observateur, a été signé par des femmes influentes reconnaissant leur droit à avorter (Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras par exemple). Le 26 août 1970 marque la naissance du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) avec son slogan révélateur : “Ne nous libérez pas, on s’en charge”.

Puis, dans les années 1990, des mouvements aux sensibilités diverses se rassemblent autour de la lutte contre les discriminations visant les femmes et mettent en avant la notion d’intersectionnalité qui souligne que les inégalités liées au genre peuvent se cumuler avec d’autres formes de discrimination comme que le racisme, l’homophobie ou encore la grossophobie.

 

Le XXIe siècle, exemple de la lutte contre les violences faites aux femmes

A partir de 2010, on a vu émerger d’autres combats en faveur des femmes notamment avec l’arrivée des réseaux sociaux. Les violences conjugales, les féminicides, les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement moral et sexuel ont fait leur apparition dans le débat public avec de plus en plus de témoignages. On pense au mouvement #NousToutes en France mais il y en a d’autres dans d’autres pays. Ces mouvements ont pris beaucoup d’ampleur avec le mouvement #MeToo par exemple.  

On parle aussi de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, avec une loi votée en France datant de 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Mais ce ne sont pas les seuls combats menés ou à mener au XXIe siècle.

Et après, que se passe-t-il ? Quelles sont les manifestations de ce féminisme et de la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes ?

 

Un symbole de la lutte pour l’égalité entre femmes et les hommes

Le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes se poursuit en effet et ce dans des sphères du quotidien les plus communes.

Tout d’abord parlons films. Prenons un exemple qui a fait parler de lui : le film Barbie réalisé par Greta Gerwig avec l’actrice Margot Robbie sorti en salles en 2023. Ce film était dans la droite lignée des féministes des années 1960 : le combat contre le patriarcat, cette fois, à la suite du mouvement #MeToo. C’est l’histoire d’une poupée Barbie adulte qui œuvre, sans militantisme toutefois, pour le renversement idéologique sur le sexisme et ce n’est pas la marque Barbie qui est concernée mais bien la société. Spoiler alerte donc je vais m’arrêter là.

Selon certains collectifs féministes, il y a eu une grosse omission dans ce film qui est que la Barbie originale de 1959 était une bimbo hyper sexualisée qui s’est certes réinventée avec des Barbies astronomes, chirurgiennes, présidentes de la République et j’en passe mais en raison de chutes de ventes. Certains taxent ce film de “féminisme de pacotille” ou de “féminisme en plastique”. Pourquoi ? Parce que selon eux, on ne peut pas considérer l’objet du film seul. Il faut aussi se préoccuper de tout l’imaginaire qu’il va créer.

Toujours selon les détracteurs, ce film est une machine de communication et de marketing, rappelons le, film est en partie financé par l’entreprise Mattel créatrice de la fameuse Barbie. Ce serait un féminisme capitaliste de consommation qui desservirait le discours pourtant chouette à savoir la déconstruction du sexisme dans notre société. Ce serait une récupération des luttes de #MeToo qui s’est battu pour la fin des violences et la réappropriation du corps qui, lui, ne s’achète pas. A titre d’exemple, certaines publicités pour la vente de vêtements roses ayant pour but de récupérer sa féminité ont fait leur apparition sur nos panneaux publicitaires poussant donc à la logique de consommation. Mais alors, s’agit-il de pinkwashing ? Autrement dit, une marque qui cherche à se positionner comme actrice de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il y a un témoignage qui m’a marquée, un journaliste a même dit que le film Barbie était du “féminisme pour les nuls”. C’est-à-dire ? Ce serait de la pédagogie pop culturelle qui “prend les spectateurs instrumentalisés un peu ignares” pour les éduquer au féminisme. Ces mêmes spectateurs pourront alors se targuer d’en connaître un rayon après le visionnage.

Mais, tout le monde ne partage pas cet avis. D’autres féministes pensent que la vertu du film est bel et bien de diffuser cette critique du patriarcat. On aime ou on n’aime pas, le film aborde quand même un sujet central actuel.

Je peux vous donner d’autres idées de filmographie tout aussi intéressante et engagée sur la thématique qui nous préoccupe : Les Suffragettes, Les Figures de l’ombre, Battle of the Sexes, La Maison des femmes apparu très récemment sur nos écrans français et la liste est longue.

Nous nous sommes longuement arrêtés sur une seule représentation et un seul combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes mais il faut voir plus large.

 

L’égalité entre les femmes et les hommes : poursuivre le chemin vers la parité

Outre la déconstruction du sexisme et du patriarcat, il y a d’autres combats à mener et ils sont nombreux.

 

Les femmes et la science ou la technologie

Un détour par les chiffres permet de mesurer l’ampleur du défi. Les femmes restent largement sous-représentées dans  les filières scientifiques et d’ingénierie. Malgré des figures emblématiques comme Marie Curie, les écarts persistent. À la rentrée 2024, les femmes ne représentaient que 16 % des admis à École polytechnique, contre 21 % en 2023. Selon l’INSEE, seules 24 % des femmes exercent un métier lié au numérique. Plus largement, en France, moins d’un tiers des chercheurs scientifiques et environ un quart des ingénieurs sont des femmes. C’est un constat alarmant. Les filles et les femmes seraient-elles découragées ? Si oui, d’où cela peut bien venir ? Peut être que les films que j’ai conseillés peuvent redonner un peu d’espoir.

 

L’égalité professionnelle, un objectif toujours pas atteint

L’égalité professionnelle ne peut se limiter au respect d’une obligation légale : elle doit relever d’un véritable engagement culturel. Or, les chiffres montrent que le chemin reste long. Selon l’INSEE, les femmes représentent 42 % des cadres, mais seulement 29 % des PDG. Leur présence dans les instances de décision demeure donc nettement insuffisante. Les stéréotypes de genre persistent sur le marché du travail : les femmes sont encore perçues comme davantage tournées vers la sphère familiale, plus susceptibles de s’absenter pour un congé maternité ou « naturellement » destinées aux métiers du soin. Ces représentations les orientent vers des postes moins valorisés et moins rémunérés, et freinent leur progression. Ces discriminations alimentent un véritable plafond de verre, renforcent la répartition inégale des tâches domestiques et contribuent aux écarts de rémunération. En France, les salariées gagnent en moyenne 22,2 % de moins que les salariés. L’écart tombe à 14,2 % à temps plein équivalent et à 3,8 % à poste comparable, mais il demeure révélateur d’inégalités structurelles persistantes. Comment s’expliquent-elles ? Les femmes sont majoritairement présentes dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’aide à la personne, de la propreté ou assistante maternelle. Elles exercent, plus que les hommes, des professions précaires. Une revalorisation des salaires et une déconstruction du plafond de verre semblent plus que pertinentes dans notre société actuelle. 

Il est également important de souligner que 59 % des entreprises de plus de 50 salarié·e·s ne respectent pas leurs obligations en matière d’égalité professionnelle, ne disposant ni d’accord ni de plan d’action dédié. Pourtant, seules 0,2 % d’entre elles ont fait l’objet d’une sanction. On est donc très loin de l’objectif public affiché.

 

L’égalité en marche : le chemin n’est pas fini

On l’a vu, le chemin a été long et nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Il faudrait un arsenal législatif, réglementaire et juridique ferme, les salaires doivent être revalorisés dans les métiers à prédominance féminine. L’égalité entre les femmes et les hommes commence aussi dans les cours de récré. Il faut tous et collectivement s’interroger sur notre prisme sexiste pour atteindre un objectif à l’échelle mondiale. 20 ans après #MeToo, où en est-on réellement finalement ? On constate qu’il y a de nouveaux réceptacles aux stéréotypes de genre : l’intelligence artificielle peut en faire partie en en reproduisant les biais.

 

Où est le positif ?

Une fois tout cela dit, où est le positif ? Des avancées ont quand même été faites, par exemple, la création d’un congé de naissance supplémentaire, pour les naissances et les adoptions, qui entrera en vigueur à partir du 1er juillet 2026 en France. Bien que l’UNICEF recommande un congé parental rémunéré d’au moins six mois, à répartir entre les deux parents. Il y a aussi des hommes pro-féministes et donc alliés des féministes dans leur combat pour l’égalité qui s’engagent activement pour cette cause. Tout n’est pas perdu.

Le Groupe Arondor le pense aussi. C’est pourquoi notre Index homme / femme en 2025 est de 88/100. 37% de nos effectifs sont féminins et nous redoublons d’efforts pour que ce chiffre soit en constante hausse. En 2025, nous avons accueilli la première femme à la tête de l’une de nos filiales. Si ces avancées sont encourageantes, elles ne constituent pas une finalité. Nous restons mobilisés, déterminés à poursuivre nos efforts et à faire de l’égalité entre les femmes et les hommes un engagement constant et structurant en sensibilisant tous nos collaborateur.ices sur le long terme.  

 

Les valeurs d’arondor