Dans le paysage numérique actuel, la fraude documentaire représente un défi majeur pour les entreprises et les organisations, menaçant la sécurité des transactions et la fiabilité des informations. Face à l’ingéniosité croissante des fraudeurs, les méthodes traditionnelles de détection s’avèrent souvent insuffisantes.

C’est dans ce contexte que l’association stratégique de l’Intelligent Document Processing (IDP) – intégrant l’OCR, la RAD et la LAD – du Business Process Management (BPM) et de l’Intelligence Artificielle Agentive (Agentic AI) émerge comme une solution révolutionnaire.
Cette synergie technologique promet de transformer la lutte contre la fraude documentaire, en l’élevant à un niveau de précision et de réactivité inédit, permettant ainsi de détecter, prévenir et réagir intelligemment aux tentatives de fraude. Cet article explorera en détail comment ces technologies se combinent pour offrir une défense robuste et adaptative contre la fraude documentaire.

 

Comprendre les Technologies Clés :

Les technologies socles :Technologies clés

Pour appréhender cette approche intégrée, il est essentiel de comprendre le rôle spécifique de chaque technologie :

  • OCR (Optical Character Recognition) : Numérise du texte imprimé ou manuscrit. (ex. : facture, relevé bancaire, pièce d’identité).
  • RAD (Reconnaissance Automatique de Documents) : Identifie automatiquement la nature d’un document.
  • LAD (Lecture Automatique de Documents) : Extrait les données structurées, semi-structurées et non structurées des documents. (Noms, dates, montants, adresses, etc.).
  • Agentive AI : Une IA « agentive » est capable d’agir de manière proactive, en prenant des initiatives, en collaborant avec d’autres systèmes ou humains, et en adaptant ses décisions à des objectifs métiers.

Synergie des technologies :

IDP (Intelligent Document Processing) : L’IDP associe l’OCR, la RAD et la LAD. Son rôle est la lecture, l’extraction et l’interprétation des documents. Dans la lutte contre la fraude, l’IDP est crucial pour repérer les falsifications, les anomalies dans les données et les incohérences entre les documents.

BPM (Business Process Management) : Le BPM est responsable de l’orchestration des processus, de l’application des règles métier et de la réalisation d’audits. Il assure une application rigoureuse des règles antifraude, la traçabilité des opérations et l’escalade des anomalies. Le BPM peut aussi s’appuyer sur des services tiers pour des vérifications spécifiques (API de l’état, service permettant de vérifier la solvabilité d’une entreprise, si l’IBAN est viable/valable…)

Agentive AI (Intelligence Artificielle Agentive) : Une IA « agentive » est capable d’agir de manière proactive. Dans le cas de la fraude, elle réalise des analyses contextuelle complexe, dialogue avec les humains, et, en cas suspicion ou incertitude, elle peut prendre des décisions.

Scénario de Lutte Contre la Fraude Documentaire :

Maintenant que nous avons définis ces termes, nous pouvons démontrer comment la synergie de ces technologies peut permettre de lutter contre la fraude documentaire en créant un scénario typique de lutte contre la fraude documentaire en 4 étapes.$

 

Capture et Extraction avec IDP (OCR/RAD/LAD) : Une Première Ligne de Défense Intelligente :

Cette première étape est cruciale car elle constitue la porte d’entrée des documents dans le système antifraude, transformant des informations brutes en données exploitables. C’est ici que l’Intelligent Document Processing (IDP) déploie toute sa puissance, en combinant plusieurs technologies complémentaires :

 

L’OCR (Optical Character Recognition) : La Digitalisation Précise :

Capture

L’OCR est la pierre angulaire de cette étape. Sa fonction principale est de numériser et de convertir le texte présent sur tout document, qu’il soit imprimé ou manuscrit, en un format numérique modifiable et interrogeable. Imaginez une facture, un relevé bancaire, une pièce d’identité ou un contrat arrivant sous forme physique ou en image. L’OCR va « lire » ce document et transformer les caractères visuels en données textuelles. Cette étape est fondamentale car elle rend le contenu du document accessible aux traitements informatiques ultérieurs.

Pour aller plus loin dans la reconnaissance de l’écriture manuscrite, on parle d’ICR (Intelligent Character Recognition). L’ICR utilise des techniques avancées d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique (réseaux de neurones, deep learning) pour reconnaître différentes écritures manuscrites, même stylisées. Son intelligence artificielle lui permet également d’adapter la reconnaissance selon le contexte (par exemple, savoir qu’on attend un code postal ou un nom), garantissant ainsi une précision accrue

La RAD (Reconnaissance Automatique de Documents) – L’Identification Contextuelle :

Une fois le document numérisé, la RAD prend le relais. Son rôle est d’identifier automatiquement la nature ou le type du document. Est-ce une facture, un passeport, un contrat de location, un justificatif de domicile ? La RAD utilise des algorithmes sophistiqués pour analyser la structure, la mise en page, les logos et les mots-clés spécifiques afin de classer le document. Cette reconnaissance est essentielle car elle permet d’appliquer les règles de traitement et de validation appropriées à chaque type de document, assurant ainsi que les bonnes informations sont attendues et recherchées.

La LAD (Lecture Automatique de Documents) – L’Extraction de Données Structurées :

Après l’identification du type de document par la RAD, la LAD entre en jeu pour l’extraction des données. La LAD est spécifiquement conçue pour extraire des données structurées et semi-structurées des documents. Cela signifie qu’elle ne se contente pas de lire le texte ; elle identifie et isole les informations clés et pertinentes. Par exemple, sur une facture, la LAD extraira le nom du fournisseur, le montant total, la date d’émission, la référence de commande. Sur une pièce d’identité, elle isolera le nom, le prénom, la date de naissance, le numéro de document, l’adresse, etc.. Cette extraction précise est vitale pour la suite du processus antifraude, car elle fournit les « matières premières » à analyser.

Le Moteur de Vérification Automatique – Les Premiers Signes d’Alerte :

Une fois les données extraites, un moteur de vérification automatique intégré à l’IDP entre en action. C’est la première ligne de détection des anomalies. Ce moteur est capable de repérer instantanément plusieurs types d’irrégularités :

  • Champs manquants ou altérés  : Par exemple, si un champ obligatoire comme un numéro d’identification est manquant, ou si un champ semble avoir été modifié.
  • Incohérences internes : Cela inclut des erreurs logiques dans les données elles-mêmes, comme une date qui n’existe pas (par exemple, le 31 février), un numéro de compte bancaire ne respectant pas les règles de format, ou un montant total qui ne correspond pas à la somme des lignes de détail.
  • Anomalies visuelles : Le moteur peut également analyser les aspects visuels du document pour détecter des signes de falsification, tels que de faux tampons, des zones floutées intentionnellement pour masquer des informations, ou des modifications évidentes de l’image du document.

En somme, cette étape de capture et d’extraction avec l’IDP est bien plus qu’une simple numérisation. C’est un processus intelligent qui non seulement transforme des documents en données exploitables, mais qui effectue également une première analyse critique, identifiant les signaux faibles et les anomalies qui pourraient indiquer une tentative de fraude. C’est la fondation sur laquelle reposera l’efficacité des étapes suivantes orchestrées par le BPM et l’Agentic IA.

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Orchestration avec BPM : Le Chef d’Orchestre des Règles Antifraude :BPM

Une fois que l’IDP a capturé, extrait et effectué une première vérification des données documentaires, le relais est passé au Business Process Management (BPM). Le BPM agit comme le chef d’orchestre intelligent du workflow, assurant que chaque document et chaque information extraite sont traités selon des règles métier antifraude rigoureuses. Son rôle est d’automatiser et de gérer le flux de travail, garantissant la cohérence, la traçabilité et l’efficacité des contrôles.

Exécution des Règles de Validation Antifraude :

Le cœur de l’intervention du BPM réside dans l’application de règles de validation antifraude prédéfinies. Ces règles sont des instructions logiques et automatisées conçues pour identifier les schémas potentiels de fraude. Elles peuvent être simples ou très complexes, et leur puissance réside dans leur capacité à croiser et à valider des informations provenant de différentes sources. Par exemple, une règle typique pourrait consister à croiser une adresse déclarée sur un justificatif de domicile avec l’adresse associée à un Relevé d’Identité Bancaire (RIB) et l’identité présente sur une pièce d’identité. Si ces informations ne correspondent pas ou présentent des incohérences, cela déclenche une alerte. D’autres exemples de règles pourraient inclure la vérification de la cohérence des montants sur plusieurs documents, le contrôle de l’ancienneté d’un document, ou la détection de l’utilisation répétée de la même information pour différentes demandes.

 

Détermination du Statut du Document et Gestion du Workflow :

En fonction du résultat de l’exécution de ces règles antifraude, le BPM prend des décisions automatisées concernant le statut du document et la suite du workflow. Il y a généralement trois issues possibles :

  • Passage des contrôles (workflow continu) : Si toutes les règles de validation sont respectées et qu’aucune anomalie n’est détectée, le document est considéré comme valide et le workflow progresse normalement vers l’étape suivante, comme le traitement d’une demande ou l’approbation d’une opération. Cette automatisation réduit considérablement les délais de traitement pour les cas légitimes.
  • Échec (blocage automatique) : Si une règle critique est violée ou si des signaux de fraude clairs sont identifiés (par exemple, une falsification évidente détectée par l’IDP ou une incohérence majeure confirmée par le BPM), le BPM peut déclencher un blocage automatique du document ou de la transaction associée. Ce blocage immédiat est essentiel pour prévenir la concrétisation de la fraude. Le système peut également enregistrer la raison du blocage pour des besoins d’audit et de traçabilité.
  • Requiert analyse plus poussée : C’est le cas le plus intéressant pour l’étape suivante. Si les règles du BPM détectent des signaux d’alerte ou des ambiguïtés qui ne permettent pas une décision automatique claire (ni passage, ni blocage), le document est alors marqué comme nécessitant une analyse plus approfondie. C’est précisément à ce moment que l’Agentic IA intervient, prenant le relais pour gérer ces situations complexes et incertaines.

En somme, le BPM assure une application rigoureuse et systématique des politiques antifraude. Il garantit que chaque document est évalué selon un ensemble cohérent de critères, réduisant ainsi la dépendance à l’intervention humaine pour les cas standard et permettant aux experts humains de se concentrer sur les situations les plus complexes et ambiguës, où l’Agentic IA viendra en renfort. La traçabilité inhérente au BPM peut assurer que toutes les décisions et étapes du processus sont enregistrées, ce qui est essentiel pour les audits et l’amélioration continue des stratégies antifraudes.

 

Intervention d’un Agent Intelligent (Agentic AI) – La Décision Adaptative et Proactive :

Lorsque le BPM a identifié des cas ambigus ou des suspicions qui ne peuvent être résolues par des règles automatisées strictes, c’est l’Agentic IA qui prend le relais. L’Agentic AI est spécifiquement conçue pour gérer ces situations complexes et incertaines, agissant de manière proactive et adaptative, là où un système traditionnel se bloquerait ou requerrait systématiquement une intervention humaine. Elle représente le niveau le plus sophistiqué de la détection et de la réaction à la fraude.

 

IA Agentic Gestion des Cas Ambiguës ou Suspects :

L’Agentic AI intervient précisément sur ces cas « gris ». Ce sont les situations où les indices de fraude ne sont pas assez flagrants pour un blocage automatique par le BPM, mais suffisamment troublants pour nécessiter une analyse plus poussée. L’Agentic IA est capable de raisonnement autonome et de prise de décision adaptative, ce qui lui permet de naviguer dans cette incertitude.

 

Dialogue Proactif et Acquisition de Pièces Complémentaires :

Une capacité distinctive de l’Agentic AI est sa faculté à interagir dynamiquement avec les humains. Plutôt que de simplement signaler une alerte, elle peut engager un dialogue avec l’utilisateur ou le client. Par exemple, si une incohérence est détectée sur un justificatif de revenus, l’Agentic AI peut initier une communication pour demander une pièce complémentaire ou une clarification. Cette interaction proactive permet de résoudre rapidement des situations qui pourraient autrement entraîner un blocage inutile ou un retard significatif, préservant ainsi l’expérience utilisateur tout en renforçant la sécurité.

 

Analyse Contextuelle Complexe et Enrichissement des Données :

Pour construire un contexte plus riche autour de la suspicion, l’Agentic IA ne se limite pas aux documents fournis. Elle a la capacité de consulter et d’intégrer des informations provenant d’autres bases de données externes, telles que l’open data, les listes de sanctions internationales, ou même des données issues des réseaux sociaux (dans le respect des réglementations sur la vie privée). Cette analyse contextuelle complexe permet à l’IA de recouper des informations et de déceler des liens ou des signaux faibles qui échapperaient à une analyse superficielle. Par exemple, elle pourrait vérifier si une adresse est liée à une entité connue pour des activités frauduleuses, ou si une identité apparaît sur des listes de surveillance.

 

Prise de Décision Raisonnée et Adaptative :

Sur la base de toutes les informations collectées et analysées, l’Agentic AI prend une décision raisonnée. Cette décision est le fruit de son raisonnement autonome et de sa capacité à s’adapter aux objectifs métiers. Les options de décision peuvent inclure :

  • Escalader à un humain  : Si la complexité du cas ou le niveau de risque est trop élevé, l’IA peut décider de transmettre le dossier à un expert humain pour une validation finale ou une enquête plus approfondie.
  • Approuver avec réserve  : Dans certains cas, l’IA peut approuver une demande tout en y associant des réserves ou des conditions spécifiques, si le risque est considéré comme gérable.
  • Refuser la demande : Si l’analyse contextuelle et les interactions confirment un fort soupçon de fraude, l’IA peut bloquer la demande.

Un avantage majeur de l’Agentic AI est sa capacité à expliquer son raisonnement. L’agent intelligent peut fournir une trace des éléments qui ont conduit à sa décision. Cette transparence est fondamentale pour l’auditabilité des processus, la conformité réglementaire et la confiance dans le système. Elle permet également aux équipes humaines de comprendre pourquoi une décision a été prise, facilitant ainsi l’apprentissage et l’amélioration continue des stratégies antifraudes.

En somme, l’Agentic AI n’est pas un simple détecteur d’anomalies, mais un agent proactif et intelligent capable de gérer l’incertitude, d’interagir et de prendre des décisions éclairées, apportant une couche de sophistication indispensable à la lutte moderne contre la fraude documentaire.

 

Apprentissage et Amélioration Continue : Le Cycle Vertueux de la Défense Antifraude :

Apprentissage
La lutte contre la fraude documentaire n’est pas statique ; elle est une course constante contre des fraudeurs qui affinent continuellement leurs techniques. C’est pourquoi l’intégration d’un mécanisme d’apprentissage et d’amélioration continue est absolument essentielle pour maintenir l’efficacité du système combiné IDP, BPM et Agentic AI. Cette phase garantit que le système reste pertinent et performant face à l’évolution des menaces.

 

L’IDP est Affiné pour Repérer les Nouveaux Schémas de Fraude :

L’amélioration ne s’arrête pas aux couches supérieures. Les informations provenant des fraudes confirmées et des nouvelles techniques détectées sont également utilisées pour affiner les capacités de l’IDP. Cela signifie que les moteurs d’OCR, de RAD et de LAD peuvent être entraînés sur de nouveaux jeux de données comprenant des exemples de documents frauduleux récemment identifiés. Par exemple, si les fraudeurs commencent à utiliser un nouveau type de police de caractères ou un nouveau format de document falsifié, l’IDP peut être mis à jour pour mieux détecter ces anomalies visuelles et pour améliorer la précision de l’extraction de données sur ces documents modifiés. Cet affinement constant de l’IDP est crucial car c’est la première étape du processus qui fournit les données brutes.

 

Le BPM Adapte ses Règles :

En parallèle de l’apprentissage de l’IA, le BPM bénéficie également de ce retour d’expérience. Si de nouveaux types de fraude sont identifiés ou si des failles dans les règles existantes sont mises en évidence par les retours humains, les administrateurs peuvent adapter et optimiser les règles de validation antifraude du BPM. Par exemple, si une nouvelle technique de falsification d’un type de document particulier est découverte, de nouvelles règles peuvent être ajoutées au BPM pour intercepter spécifiquement cette menace. Cela garantit que l’orchestration des processus reste alignée sur les menaces actuelles et que les contrôles automatisés sont aussi efficaces que possible.

 

L’IA Apprend des Retours Humains (Fraude Confirmée ou Erreur) :

Le point de départ de ce cycle d’amélioration est le feedback humain. Lorsque l’Agentic AI ou le BPM signale un cas suspect et qu’un expert humain intervient, le résultat de cette intervention est crucial. Si l’humain confirme qu’il s’agissait bien d’une fraude, cette information est réinjectée dans le système d’IA. L’Agentic AI analyse alors ce cas confirmé pour identifier les caractéristiques spécifiques et les signaux qui l’ont mené à la décision (qu’elle soit d’escalader, d’approuver avec réserve, ou de refuser ). De même, si une alerte générée par le système s’avère être une « fausse positive » (une erreur de détection), cette information est tout aussi précieuse. L’IA apprend de ces erreurs pour ajuster ses modèles et réduire les futures alertes non pertinentes, améliorant ainsi sa précision. Ce processus permet à l’IA d’affiner continuellement sa compréhension des schémas de fraude réels et des nuances qui distinguent une transaction légitime d’une tentative frauduleuse.
En résumé, cette étape d’apprentissage et d’amélioration continue crée une boucle de rétroaction vertueuse. Chaque interaction, chaque détection (confirmée ou erronée) enrichit la connaissance du système, rendant l’IDP plus précis dans la capture, le BPM plus pertinent dans l’orchestration, et l’Agentic IA plus intelligente et autonome dans ses décisions. C’est cette capacité d’adaptation et d’évolution qui confère au système combiné une résilience exceptionnelle face à la nature toujours changeante de la fraude documentaire.

 

Exemple Concret : Demande de Crédit en Ligne – Une Illustration de la Défense Antifraude Intégrée

Pour saisir pleinement l’efficacité de la synergie entre l’IDP, le BPM et l’Agentic AI, examinons un scénario pratique : une demande de crédit en ligne. Ce processus démontre comment ces technologies travaillent de concert pour identifier et bloquer une tentative de fraude potentielle, tout en minimisant les frictions pour les demandes légitimes.

 

Demande de crédit en ligneÉtape 1 : Capture et Extraction Initiale :

Le processus débute lorsque le client soumet sa demande de crédit en ligne, qui inclut généralement l’envoi de documents clés tels qu’une pièce d’identité et un justificatif de revenus. C’est à ce stade que l’IDP entre en jeu.

  • L’ OCR numérise ces documents, convertissant le texte imprimé ou manuscrit en données numériques.
  • La RAD identifie le type de chaque document soumis (par exemple, « carte d’identité », « fiche de paie »).
  • La LAD extrait ensuite les données clés et structurées de ces documents, telles que le nom, la date de naissance et le numéro de la pièce d’identité, ainsi que les montants et sources de revenus du justificatif.

Cette étape permet de transformer les documents non structurés en données exploitables pour les analyses ultérieures.

 

Étape 2 : Analyse Initiale et Détection d’Anomalies :

Une fois les données extraites, elles sont soumises à un premier niveau d’analyse. Un moteur de vérification automatique, intégré à l’IDP, examine ces données à la recherche d’anomalies visuelles ou d’incohérences internes. Simultanément, le BPM (Business Process Management) prend le relais en exécutant des règles de validation antifraude spécifiques au processus de demande de crédit.

  • Le système pourrait détecter, par exemple, que l’empreinte digitale du document (une sorte de signature numérique du document basée sur ses caractéristiques visuelles et structurelles) ne correspond pas à un modèle attendu, ce qui pourrait indiquer une falsification.
  • De même, une incohérence flagrante sur les revenus déclarés (par exemple, un salaire disproportionné par rapport à l’emploi indiqué ou des chiffres qui ne s’additionnent pas) serait immédiatement signalée.

Si de telles anomalies sont détectées, le BPM ne prend pas nécessairement une décision finale, mais marque la demande comme suspecte, nécessitant une analyse plus approfondie.

 

Étape 3 : Intervention Proactive et Collecte Contextuelle :

C’est ici que l’Agentic AI intervient, spécifiquement sur les cas ambigus ou suspects identifiés par le BPM. Plutôt que de bloquer la demande ou d’attendre une intervention humaine, l’Agentic AI agit de manière proactive.

  • Elle peut engager un dialogue direct avec le client, par exemple en lui envoyant un message pour lui demander de confirmer ses revenus via un accès sécurisé à sa banque. Cette interaction est conçue pour être fluide et préserver l’expérience utilisateur.
  • Parallèlement, l’Agentic IA peut consulter d’autres bases de données externes (comme l’open data, les listes de sanctions ou même des informations disponibles publiquement sur les réseaux sociaux) pour construire un contexte plus riche autour de la suspicion. Cette analyse contextuelle complexe aide à évaluer la probabilité de fraude.

 

Étape 4 : Décision Raisonnée et Blocage du Workflow :

Après avoir recueilli toutes les informations nécessaires et effectué une vérification croisée approfondie, l’agent intelligent prend une décision raisonnée. Dans cet exemple, l’analyse combinée et les interactions ont permis à l’Agentic AI de détecter une probable usurpation d’identité.

  • En conséquence, l’Agentic AI, en collaboration étroite avec le BPM, prend la décision de bloquer la demande de crédit. Le BPM est alors instruit de modifier le statut du workflow pour « bloqué » ou « refusé », empêchant ainsi la fraude de se concrétiser.
  • Un avantage crucial est que l’Agentic AI peut expliquer son raisonnement, ce qui assure une transparence et une auditabilité complètes du processus de décision.

Cet exemple illustre parfaitement comment la combinaison intelligente de l’IDP pour la donnée, du BPM pour le processus et de l’Agentic AI pour l’intelligence décisionnelle proactive crée un système antifraude robuste et adaptatif.

 

Les avantages Combinés de cette Approche

L’association de l’IDP, du BPM et de l’Agentic IA offre des avantages significatifs dans la lutte contre la fraude documentaire:

  • Précision augmentée : L’IDP réduit considérablement les erreurs liées à l’analyse manuelle des documents.
  • Réactivité intelligente : l’Agentic IA peut agir de manière autonome et rapide, sans nécessiter une intervention humaine immédiate.
  • Conformité renforcée : Le BPM assure la traçabilité de toutes les opérations et garantit le respect rigoureux des règles établies.
  • Expérience utilisateur préservée : L’IA est capable de dialoguer intelligemment avec les utilisateurs, de demander des preuves complémentaires sans bloquer inutilement les processus légitimes.

En conclusion, la combinaison stratégique de l’IDP (incluant OCR, RAD et LAD), du BPM et de l’Agentic IA représente une avancée majeure dans la sécurisation des processus documentaires et la lutte proactive contre la fraude.

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